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Le genre des noms : « souvent le genre varie »

Grammaire | 21 juin 2023 | par Jean-Christophe Pellat

Si le genre des noms animés et humains a un fondement naturel, le sexe, qui n’est pas toujours évident, le genre des noms non animés est arbitraire (« un fauteuil, une chaise »), parfois lié à la culture d’un pays (« le soleil » et « la lune » en français ; « die Sonne » und « der Mond » en allemand). Ce genre non animé cause de nombreuses hésitations, d’autant plus qu’il a pu changer au fil du temps : on disait autrefois « un erreur », « un affaire », entre autres. On peut s’appuyer sur quelques repères, comme les suffixes : les noms terminés par « -ement », « -isme », etc. sont masculins, ceux terminés par « -ance », « -ise » sont féminins. Mais depuis Vaugelas, on hésite souvent sur le genre de beaucoup de noms, fortement pour certains comme « alvéole » ou « automne », sans parler du covid. On est parfois orienté par la terminaison du nom, qui fait penser à tort que le nom est féminin, comme « obélisque », ou masculin, comme « vicomté ».« Le Bon usage » (éd. 2008) consacre une place importante à ce choix du genre (§ 469-482). Il distingue les « noms dont le genre est à remarquer », sur lesquels on peut hésiter, mais dont le genre est relativement fixé : sont au masculin (liste de 215 noms !) « bulbe, chrysanthème, élastique, entracte, isthme, pétale, planisphère, tentacule », etc. ; sont au féminin (liste de 136 noms), « ancre, atmosphère, épigramme, épithète, météorite, oasis », etc. Mais, comme disait Vaugelas, on trouve aussi « divers noms de genre douteux » (§ 482 : 25 noms seulement), comme « alvéole, automne, effluve, office, steppe, synopsis ». On peut toujours recourir au dictionnaire ou marquer les mots avec un astérisque ou une apostille.