Quand on veut employer un temps composé, on peut hésiter sur l’auxiliaire à employer : « être » ou « avoir » ?
L’auxiliaire « avoir » étant le plus utilisé, on fait la liste des cas où l’on emploie l’auxiliaire « être » (sans parler de la voix passive) : pour former les temps composés des verbes pronominaux (« elle s’est enfuie ») et de certains verbes (au moins 38) qui expriment, « pour la plupart, un mouvement ou un changement d’état » (« Le bon usage », §812), comme aller, mourir, naître ou tomber (« Il est tombé amoureux », expression inventée par Marivaux sur le modèle de « tomber malade »). Selon leur sens, d’autres verbes s’emploient « avec ’avoir’ quand ils expriment l’action – et avec ‘être’ quand ils expriment l’état résultant de l’action accomplie » (« Le bon usage », §813) : « augmenter, baisser, descendre, échapper, grandir, passer, » .... Comparer « Il a monté une armoire » et « Il est monté au grenier ».
Dans l’usage actuel, cette répartition n’est pas aussi nette. L’auxiliaire « avoir » étant majoritaire, on tend à l’employer, par analogie, à la place de l’auxiliaire « être ». Surtout, évidemment, quand le verbe est suivi d’un COD (« On a tombé la chemise », Zebda), mais pas seulement : « J’ai resté ensuite sur mon lit et au soleil » (M. Desbordes-Valmore) – « Il a sorti ce matin » (Littré). Le choix de l’auxiliaire est alors déterminé par la manière dont on veut présenter le verbe, comme action véritable ou état résultant : comparer « Il a changé » et « Il est changé ». Et pour « disparaître », « avoir » tend à l’emporter actuellement sur « être ». Être ou avoir, il faut savoir ce que l’on veut dire.